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THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW : diablerie mensuelle et jouissive du Mayfair

By Basement 819 on March 13, 2014

Par Mariette Delevallée

Samedi prochain, c’est le 15 du mois. Vous ne le savez pas encore, vous qui ne rodez pas chaque fin de semaine du côté du Mayfair, mais les weekends de quinzaine y sont le lieu d’un grand rassemblement vombrissant. Du bruit, des cris, des couleurs flashy, des costumes, des bulles… Le mystère s’épaissit… Je dévoile!

Voilà quatre années que Lee Gordon Demarbre, programmateur du Mayfair Theatre, projette tous les mois une version sauvage du film The Rocky Horror Picture Show. Dans une entrevue qu’il m’a récemment accordée, il m’a raconté qu’Ottawa avait été la seule ville ayant accepté de projeter ce film en première il y a maintenant quarante ans, à une époque où personne ne savait quoi en faire. Quoi de plus normal qu’Ottawa devienne la seule ville canadienne à en faire un rendez-vous mensuel complètement fou. “Ottawa is its real home!” a-t-il clamé. Hum… Alors faisons-lui honneur!

Un samedi soir par mois, aux alentours de 23h, quand le froid hivernal (ou estival, tiens!) s’épaissit, les curieux, les groupies, les néophytes se ruent dans le théâtre pour apprécier le travail grandiose et déjanté des troupes de théâtre ottawaïennes et montréalaises, chantant, dansant et jouant avec le film projeté sur l’écran. Pas de passivité permise, le fan du Rocky Horror Picture Show doit bondir, courir, rejouer les scènes tel un personnage de l’intrigue. Du grand cinéma participatif, en somme.

Ottawa, oui. Mais dans d’autres villes du monde, le même phénomène se reproduit. Des adulateurs, des comédiens, tous et toutes, de toutes nationalités, de toutes parts et de tous bords se retrouvent régulièrement pour célébrer ce film qui ne cesse d’inspirer les plus jolis minois depuis des générations. Et pourquoi ça d’ailleurs? Pourquoi pas Le magicien d’Oz, ou encore Grease? Je m’y verrais bien, moi, en Pink Lady, arborer fièrement mon blazer rose lors une nuit d’enfer où tous les spectateurs s’entarteraient joyeusement parce que “there are worst things I could do”, you know. Pas aussi sexy du tout, je sais, et pourquoi cela?

Selon Lee Gordon Demarbre, intarissable sur le sujet, la spécificité du Rocky Horror Picture Show sur les autres comédies musicales cultes est d’avoir un sens caché, un appel à la révélation sexuelle filigranée sur la pellicule. Ce film-là incite bien plus que les autres les spectateurs à se révéler sexuellement, qu’ils soient homos ou hétéros. L’histoire, les chansons, y sont une pulsion d’identité très forte et c’est pourquoi ses adeptes l’adorent autant. Une véritable bible de la sexualité, capable de libérer sexuellement celui qui la visionne. Grisant!

La prochaine aura lieu ce samedi 15 mars 2014. Chacun y verra ce qu’il souhaitera, nous, on vous souhaite de folles nuits sulfureuses et endiablées!  Seul petit bémol : pas de riz permis pour une éventuelle scène de mariage, comme ils font à Paris, les bulles sont, quant à elles, moins longues à nettoyer!