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Pepe Larraz : un dessinateur de Marvel Comics au magasin Silver Snail ce mercredi !

By Basement 819 on April 8, 2014

Par Mariette Delevallée.

Demain mercredi 10 avril 2014,  le dessinateur de comics Pepe Larraz sera à la librairie de bandes dessinées Silver Snail, de 16h à 18h ! Une occasion en or de découvrir le travail cet artiste dont le talent n’a pas échappé aux yeux des éditeurs de Marvel qui l’ont engagé il y a maintenant quatre ans.

Pepe Larraz est un dessinateur de comics espagnol originaire de Madrid. Très tôt dans son enfance, il se met à dessiner des bandes dessinées pour le plaisir puis son goût s’affine à l’aube de ses vingt ans, alors qu’il étudie la sculpture et l’Histoire de l’art à l’Université de Madrid. C’est à cette époque qu’il commence à travailler en freelance pour divers journaux nationaux et maisons de publicités madrilènes en tant qu’illustrateur.

Toutefois, l’illustration n’est pas « sa tasse de thé » (une expression qu’il aime). Il décide donc de s’orienter vers le dessin de comics, et de façon professionnelle cette fois. C’est lors d’une Comic-Con qu’il entre en contact avec un éditeur de Marvel. Ce dernier, après avoir regardé son portfolio, lui confie son adresse courriel et Pepe le harcèlera pendant dix-huit mois pour décrocher son premier contrat. Dix-huit mois passés à envoyer des échantillons, toutes les semaines, pour décrocher d’abord un petit contrat consistant à terminer la mini-série LUKE CAGE, commencée par un autre. Suivront beaucoup de commandes ponctuelles et une fois la confiance de Marvel acquise, voilà Pepe Larraz sous contrat exclusif avec le prestigieux éditeur nord-américain.

J’ai eu la chance de le rencontrer et de voir son travail, j’en ai alors profité pour lui poser quelques questions…

¿ Holá Pepe, qué tal ?

¡ Muy bien ! (Il essaie alors de continuer à parler en français, mais reprend vite l’anglais, notre langue d’entrevue).

Alors, tu es au Canada maintenant, à Ottawa, sur le même continent que Marvel Comics, ce qui est rare, puisque tu travailles depuis Madrid ! Comment ça se passe pour toi ici, jusqu’à présent ?

Lors de ma première visite en Amérique du Nord, j’étais allé dans les locaux du siège social de Marvel. Des gens très sympas ! Je dirais qu’être sur le même continent est confortable pour l’horaire car à Madrid, je commence à communiquer avec eux à midi. Avant cela, je suis tout seul ! Mais en fin de compte, cela importe peu dans le monde des comics puisque l’on travaille depuis la maison, où dans un studio avec d’autres dessinateurs sans que l’éditeur ne soit présent.

En plus, j’adore Ottawa ! Peut-être parce que j’arrive au moment où la neige commence à fondre (rire). C’est amusant car je passe mon temps à dessiner des villes américaines avec Marvel, et en tant qu’Européen, d’ordinaire, je me réfère aux films et aux autres BD pour dessiner, alors qu’ici, il suffit de regarder par la fenêtre.

Je voulais faire cette session d’autographes chez Silver Snail car je souhaite rencontrer des lecteurs nord-américains pour apprécier leur façon d’aborder les comics. Je ne sais pas ce qu’ils pensent, ni comment ils voient les choses, par rapport aux Européens. Peut-être qu’il n’y a aucune différence, mais je ne le sais pas encore !

Quelle est la marche à suivre lorsqu’on te commande une bande dessinée ?

Je reçois un script de l’éditeur ou de l’écrivain, ou les deux, en plus des courriels des personnes impliquées dans le projet, avec lesquelles je suis en contact permanent, pour avoir leur retour sur mon travail.

Alors, avant toute page à commencer, je construis la maquette (l’esquisse, ou le brouillon, c’est selon) pour rendre compte de la narration de l’histoire. On peut appeler cela un story-board comme au cinéma car il a la même fonction. Il est là pour mettre les cadres et les idées en place pour les dessins. L’éditeur veut généralement voir cette maquette que j’envoie rarement car je suis souvent en retard dans mes échéances. Je n’envoie que cinq ou six micro-pages, mais très rarement l’intégralité. Un défaut que j’essaie d’ailleurs d’améliorer.

Ensuite, je construis les pages de la BD. Les grandes pages ! Celles qui seront mises en couleurs après. Je dessine au crayon et y mets l’encre finale. Pour cela j’utilise une tablette digitale Cintiq comme la plupart des dessinateurs car c’est plus rapide et bien plus pratique qu’à la main.  En général, une BD prend 4 à 5 semaines à dessiner.

Puis, j’envoie les fichiers à Marvel, qui les envoie aux coloristes.

Il y a bien-sûr plein d’étapes intermédiaires, comme la mise en place des bulles et des textes, un autre gars fait le découpage ! Et au final, la publication, l’édition, etc.

Est-ce un peu frustrant de ne pas voir l’intégralité du processus ?

Non, une fois dedans, on comprend comment cela fonctionne. Tu peux d’ailleurs faire les couleurs toi-même s’ils t’y autorisent. Moi, ce n’est pas ma tasse de thé.

Par contre, il y a un code ! Il faut comprendre où tu travailles, ce que tu peux montrer, ce que tu dois cacher. Il y a de la violence mais pas de sexe explicite par exemple. Une fois que tu as compris ce code, tu te fais ton propre filtre. Ça ne pose aucun problème pour l’inspiration, je me sens libre, tout en ayant en tête qui va lire la bande-dessinée.

D’où te vient ton inspiration lorsque tu reçois un nouveau script ?

La première étape est de lire le script et j’essaie de visualiser les choses pour avoir une première image de ce que je vais dessiner. Je dois lire du début à la fin pour bien comprendre le point de l’histoire.

L’inspiration ne fait pas partie de ce travail. Rodin disait qu’il ne faut pas faire confiance à l’inspiration car elle n’existe pas. Je suis assez d’accord. En revanche la concentration, elle, est fondamentale et nécessaire.

Et comment te sens-tu lorsque tu reçois l’objet final, après qu’il te soit échappé des mains pour aller chez les coloristes et le gars des bulles ?

Je ne peux pas lire mes propres comics ! J’ai bien essayé, très fort ! Je continue d’essayer, je regarde les couleurs, mais non, je crois que c’est comme les acteurs qui n’arrivent pas à se regarder à l’écran. Je n’y vois que mes erreurs et rien d’autre !

J’essaie de ne pas me mettre la pression en pensant que la BD va être lue. Je me concentre sur le plaisir de dessiner, sinon cela devient trop oppressant. Si je m’amuse, je crois pouvoir transmettre ce sentiment au lecteur et c’est fondamentalement ce que je recherche dans mon travail.

Retrouvez Pepe Larraz le mercredi 10 avril 2014 au Silver Snail Comics, 391 Bank Street Ottawa, de 16h à 18h. Il y présentera les comics THOR, AVENGER ASSEMBLE et VOLVERINE.

Vous pouvez également en apprendre davantage sur lui grâce à son blog.