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MEGAPHONO dans le Vieux-Hull !

By Cindy Savard on January 31, 2017

Parmi les initiatives qui participent à l’effervescence culturelle de la région, MEGAPHONO s’inscrit dans la mouvance et propose pour une troisième année consécutive, un festival permettant à près de 60 formations musicales de se faire remarquer par des professionnels de l’industrie musicale. Initiée par Jon Bartlett, fondateur du label Kelp Records, la formule, similaire à M pour Montréal ou The Great Escape au Royaume-Uni, vise à fournir une vitrine aux artistes afin de se faire repêcher par des maisons de disque, des agents, des publicistes et autres acteurs influents de l’industrie.

Le festival se déroulera du 1er au 3 février dans vingt salles de la région dont quelques-unes sont situées du côté gatinois de la rive. Mercredi soir, 9 formations musicales offriront des prestations dans le Vieux-Hull, au Temporaire, au Petit Chicago et au Minotaure. Consultez ici la programmation de la soirée.

Un mercredi au Temporaire

Parmi les artistes qui seront en prestation mercredi, force est de recommander Pippa, singulière artiste ottavienne qui offre un style bedroom / R&B très lascif et accrocheur. Jean-Sébastien Audet (Gatineau/Montréal) montera ensuite sur scène pour présenter son projet Un Blonde. L’ambiance musicale de ce dernier assurera une suite logique à Pippa ; l’artiste plonge dans un R&B-soul-jazz-gospel, le tout très Années 70. Les arrangements musicaux sont entremêlés de sons ambiants et purs, captés sur le vif. Lancé en 2016, l’album « Good Will Come to You » a suscité d’excellentes réactions des critiques. Hors des sentiers battus, l’album est riche de 21 pièces musicales qui s’écoutent nécessairement dans l’ordre proposé pour maximiser l’expérience.

Deux rives, deux solitudes ?

En entrevue, Jon Bartlett souligne les succès récoltés grâce à ce genre d’initiative. Des formations musicales de la région ont réussi à se faire remarquer et à sortir du périmètre ottavien. À titre d’exemple, Scattered Clouds s’est vue partir en tournée aux États-Unis l’année dernière. New Swears, quatuor excentrique qui donne dans le garage-punk d’Ottawa s’est fait repêché sous la bannière Dine Alone Record.

Sans contredit, les efforts investis pour mettre en valeur les artistes d’ici portent fruit et ce, grâce à des gens passionnés et convaincus. Un seul bémol subsiste, la représentation des artistes francophones dans les festivals est limitée. Parmi les 60 artistes faisant partie de la programmation du festival MEGAPHONO cette année, seuls les artistes Safia Nolin et le duo Geneviève Rb et Alain Barbeau offriront des prestations en français.

Actif à titre de directeur de MEGAPHONO, une organisation vouée à propulser la musique de la région d’Ottawa à travers le monde, Jon Bartlett est également directeur exécutif du Conseil canadien des associations de l’industrie de la musique (CCMIA). Il siège aussi sur le conseil d’administration de la Coalition de l’industrie musicale d’Ottawa (OMIC). Il s’agit d’un acteur d’influence majeur et il reconnaît l’écart, le manque à gagner pour favoriser l’intégration de musique francophone dans le décor des festivals ottaviens. Ayant développé des liens avec l’Association des professionnels de la chanson et de la musisque (APCM), il admet qu’il est difficile dans le cadre de ce festival de recruter des artistes francophones juste après l’avènement de Contact Ontarois, un festival qui se déroule en janvier et qui agit aussi à titre de vitrine pour les formations francophones.

À cela s’ajoute le défi du recrutement :

« C’est difficile de trouver plus de 40 artistes émergents. Il y a plus d’artistes anglophones qui soumettent leur candidature. Beaucoup des artistes qui participent sont francophones mais ne chantent pas en français. »

À cela, s’ajoute aussi le défi des deux solitudes. Il semble difficile pour l’un de comprendre et s’intéresser à la culture de l’Autre :

« L’année dernière on avait des gens de l’industrie pour CityFolk et on a marché de l’autre côté de la rivière. Pour eux, gens des États-Unis, c’est quelque chose de spécial. Ils avaient l’impression de visiter l’Europe. »

Et pourtant… Il y aurait bien des bouts d’histoire à raconter à nos visiteurs afin de leur faire comprendre toute la richesse et le caractère unique de cette culture francophone qui s’émancipe et évolue par elle-même de son côté de la rivière depuis des centaines d’années maintenant.

Sans contredit, la richesse d’un événement comme MEGAPHONO s’avère absolument nécessaire ; il s’agit d’un projet porteur à court et à long terme. Force est toutefois d’en soulever les bémols afin de viser encore plus haut et d’offrir un espace de réflexion pouvant aboutir à des échanges et, ultimement, à des collaborations riches. Longue vie au décloisonnement culturel.


MEGAPHONO se déroulera du 1er au 3 février 2017 dans plusieurs salles. Une série de concerts est offerte du côté du Vieux-Hull ce mercredi 1er février.