Skip To Content

Here Comes The Devil au Mayfair

By Basement 819 on February 20, 2014

Par Mariette Delevallée

97 minutes — Adrian Garcia Bogliano, Mexique, 2012

“Ici vient le diable”, gronde le titre de cet opus mexicain sorti de nulle part. Un film d’horreur et de possession? (me demanderez-vous) Non.

Des zombies grommelant au rythme d’un rock funèbre et psychotique?

Non plus, désolé. Ni vampire, ni exorciste, peut-être un peu mort-vivant… Encore que.

Here Comes The Devil s’ouvre sur une scène de sexe embuée par la moiteur d’une nuit fiévreuse. Les bribes du dialogue nous laissent entrevoir les prémices d’un amour lesbien consommé bien qu’inassumé, et puis rien. Juste un grand bruit assorti d’un meurtre sordide, d’une créature diabolique se roulant dans les herbes jaunes d’une montagne aride et désertée, de morceaux de doigts coupés répandus sous la lumière d’une nuit américaine bien ratée.

Le film s’annonce et s’ouvre sur une famille ordinaire, profitant d’une journée de beau temps pour se détendre. Les deux enfants s’en vont seuls sur la montagne, la nuit passe, à leur retour ils sont comme changés.

Le lien, me demanderez-vous (encore!)? Il n’y en a pas vraiment, juste un petit, que vous comprendrez à la toute fin, dans un grand “Aaahhhhh” suivi d’un long silence, dubitatif.

Here Comes The Devil ressemble à tout et à rien. C’est un gros mic-mac de sous-genres avortés; un gros télescopage de styles cinématographiques gores et horrifiques manqué. Pourtant, tous les ingrédients sont là : du sang (visqueux), du sexe (vulgaire), des enfants diaboliques (même pas peur), des nichons, des voitures de sport, un voyeur et un policier moustachu. Mais non, nada. Il n’en résulte qu’un assemblage de mauvais zooms et dézooms et de gros plans injustifiés, le tout dans une ambiance flottante lourde et vide de sens.

Cependant, le film (malgré tout), n’est pas dénué d’intérêt. Après quelques heures passées à y repenser, incrédule, il reste dans nos souvenirs tel un vieux giallo de seconde zone, avec un peu plus de tétons et de fantômes. Et c’est sur ce sentiment d’inquiétante étrangeté que le long-métrage d’Adrian Garcia Bogliano prend son sens. Le cinéma horrifique a souvent joué sur les peurs inconscientes et leur catharsis, Here Comes The Devil honore ce beau mandat avec loyauté. On aura beau ricaner, on y repense, à cette montagne étrange ou le diable s’immisce dans les cadavres, tel un boddy snatcher d’une autre époque. Ce n’est pas correctement exprimé, ni même avoué, c’est juste un arrière-gout étrange, qui fait tout son effet.

Alors que vous ayez envie de vous gausser devant un prétendu navet, ou que vous aimiez sincèrement les films de pseudo-possession aux jeunes mexicaines dénudées, Basement 819 vous recommande le spectacle, parce qu’après tout, ce n’est pas souvent que l’on voit cela à Ottawa!

Voyez par vous-mêmes! Bande-annonce du film

Here Comes The Devil sera à l’affiche au Mayfair les 21-22 et 26-27 février.