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DiverCiné 2014 :: petit zoom sur La fée du trio Abel-Gordon-Romy

By Basement 819 on March 12, 2014

Par : Mariette Delevallée

Voilà maintenant 12 ans que l’Institut canadien du film honore chaque année la diversité, la créativité et l’abondance du cinéma francophone.

Parlée dans plus de soixante-dix pays du monde, la langue française n’a de cesse de se mouvoir et d’émouvoir au-delà des lignes des scénarios qui l’abritent. Le français se fait le reflet d’une culture, d’une façon de penser, d’un style, d’une nation, d’une identité, que le cinéma, par sa définition d’art-presque-total valorise constamment.

Cette année, DiverCiné: Les écrans de la francophonie du Monde, respecte brillamment son engagement grâce à une sélection de 12 films indépendants, exceptionnels et de qualité projetés durant dix jours, entre le 7 et le 16 mars 2014.

Parmi cette sélection, certains films ont particulièrement retenu notre attention, pour leur esthétique et leur renouveau créatif.

En voici un premier exemple, tout en drôlerie et poésie répondant au doux titre de La Fée, énigmatique et magique, beau reflet de ce qu’est le duo indissociable composé de Dominique Abel et de Fiona Gordon.

L’histoire commence comme suit : Dom est veilleur de nuit dans un hôtel miteux du Havre. Un soir, une rouquine se présente à la réception, pieds nus et sans valise. Elle s’appelle Fiona, c’est une fée, comme elle dit. Elle lui promet d’exaucer trois vœux. Dom en fait deux, accomplis au matin. Hélas ! Fiona a disparu et Dom est amoureux. S’en suit une poursuite incessante dans les rues du Havre, une poursuite après Fiona, une poursuite après son bébé, une poursuite pour échapper aux forces de l’ordre, bref, la cavale!

Jusque-là rien d’étrange, et pourtant : au fil que les images défilent, le comique burlesque cinématographique se redessine. Le traitement sonore nous invoque délicieusement Jacques Tati, les mises en danger permanentes du corps des acteurs, outil de gag sans égale, font raisonner nos vieux souvenirs des poursuites de Buster Keaton. Le Burlesque a toujours eu des difficultés à dépasser les années 1920, seul Tati l’avait vraiment réinventé jusqu’ici. Le duo clownesque tout droit sorti de Belgique nous le ressort à la sauce contemporaine, le déploie dans un décor (la ville du Havre!) qui l’abrite, en le saupoudrant d’absurdité hilarante et de réflexion humaniste universelle.

Au final,  La Fée se révèle être un film particulièrement rare, redéfinissant les frontières du genre burlesque, lui donnant un portée théâtrale inédite. Un bel exercice de style, un film sur les formes, sur les genres, les codes et le corps. Un joli conte d’amour et de cinéma, singulier, que l’on vous recommande chaudement!

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=F0pTnBc7tFQ[/youtube]

La Fée sera projeté au Cinéma ByTowne le jeudi 13 mars 2014 à 19h.
Avec Dominique Abel, Fiona Gordon. Mis en scène par Bruno Romy. Belgique, 2011.