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undercurrents 2017 : un festival de théâtre “below the mainstream”

By Sous-Soll 819 on February 8, 2017

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Par Cindy Savard

Lors du dévoilement en novembre dernier de la 7e édition du festival undercurrents, une extension du festival Fringe d’Ottawa, le directeur Patrick Gauthier en avait profité pour rappeler qu’il s’agissait d’un festival s’affichant comme vecteur de théâtre « below the main stream ». Effectivement, on ne pourrait mieux dire… tout comme le festival Fringe, les productions présentées sont audacieuses et proposent carrément d’entrer dans la tête des créateurs afin d’assister à des performances uniques dans leur genre.

Si l’an dernier le festival avait enregistré un nouveau record d’assistance, on ne s’attend pas à moins cette année ! Parmi les neuf productions qui font partie de la programmation, voici nos coups de cœur.

Brotherhood: the hip hopera

Le spectacle de Karin Randoja propose un one man show interprété par l’énergique Sébastien Heins. Ce voyage dans les années 70 est présenté sans répit et raconte l’histoire de deux frères passionnés par le hip hop. Ils en font un mode de vie et aspire à accéder aux hautes sphères dans ce domaine malgré leurs parents toxicomanes et une enfance un peu troublante. La performance regorge de hip-hop, de R&B, de rap, de soul, de funk et de gospel.

Burnt

Cette pièce plonge le public à Burning Man, festival qui se déroule chaque année dans le désert de Black Rock au Nevada. Grâce au travail méticuleux de Brad Long et Emily Pearlman, les spectateurs partiront à la rencontre des festivaliers et prendront le pouls de la culture de ce festival. L’expérience permettra d’assister à une série d’entrevues, d’extraits de conversations, de musique, de tempête de poussière et de chaos.

The Elephant Girls

Cette pièce fera sans doute salle comble plus d’une fois étant donné la brochette de prix d’excellence récoltée lors de son passage dans plusieurs festival Fringe. Les critiques, les jurys et le public ont ovationné cette pièce. Récipiendaire des Prix Rideau Awards, la brillante créatrice et interprète de la pièce Margo MacDonald a remporté le prix de la meilleure prestation professionnelle par le Capital Critics Circle.  The Elephants Girls relate l’histoire d’un groupe de filles qui reconnue pour avoir terrorisé Londres pendant 100 ans !

New Play Tuesday : Shorelines

Ce volet du festival qui se tiendra le mardi 14 février et vise à mettre en lumière des productions locales. Parmi les auteurs à suivre de près, Mishka Lavigne s’inscrit dans cette lignée ; nous aurons la chance d’assister à un extrait de sa plus récente pièce Shorelines. Initialement inspirée par un projet théâtral réalisé avec des jeunes de l’école secondaire Béatrice-Desloges à Orléans, plusieurs idées qui en avait émergé avaient dû être reléguées au fond d’un tiroir. Un an plus tard, dans le cadre d’un séjour en résidence d’écriture à Perth, Mishka Lavigne a pu les ressortir et les faire revivre à travers une tragédie environnementale futuriste. Le niveau de la mer ayant atteint un seuil critique, les riches quittent les villes laissant derrière les plus vulnérables. À travers cette histoire est présentée la réalité de trois adolescents et d’une adulte qui trouveront refuge dans une piscine abandonnée. Il s’agit d’une deuxième création en anglais pour l’auteure francophone originaire de la région du Pontiac.

« Pour moi, c’est pas un choix, c’est nécessaire d’explorer les univers des deux langues »

Mishka Lavigne évolue et se fait dorénavant reconnaître à titre d’artiste bilingue. Lors de la sortie de la pièce Cinéma, elle s’est vue attribuer le titre de « véritable voix dramaturgique francophone ». Suite à la sortie de sa première pièce en anglais, Albumen, œuvre écrite dans le cadre du Banff Playwrights Colony en avril 2016, elle s’est illustrée comme artiste anglophone de talent. Mishka Lavigne s’avère ainsi une preuve vivante de la richesse qu’il est possible de soutirer de nos deux réalités culturelles et linguistiques. À ça, je dis « chapeau » !

Seul bémol au festival : rien au programme n’est bilingue ou français ou offert avec des sous-titres. Étant donné l’importante subvention accordée à l’organisation du Fringe par la Fondation Trillium de l’Ontario pour les trois prochaines années, force est d’espérer que ces nouvelles ressources permettront un investissement afin de développer des outils qui permettraient de promouvoir la réunion des esprits créatifs issus des deux cultures soeurs.


Le festival undercurrents se tiendra du 8 au 18 février au Théâtre de la Cour des Arts (2, Avenue Daly).

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