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Photo : Caroline Laberge

Théâtre : Encore une fois si vous permettez – Incursion dans une relation mère-fils d’exception

By Sous-Sol 819 on October 2, 2017

La pièce de Michel Tremblay Encore une fois si vous permettez, maintes fois acclamées, sera de passage au Centre des arts Shenkman les 4 et 5 octobre prochains. Voilà une occasion privilégiée de rencontrer Nana, personnage interprété avec brio par Guylaine Tremblay dont le rôle a été créé il y a 18 ans par Rita Lafontaine.

« J’avais envie de me rappeler d’elle, de réentendre sa voix, de me souvenir encore une fois. »

Cette 23e pièce de théâtre de Michel Tremblay est un récit autobiographique qui relate en cinq tableaux la relation qu’il entretenait avec sa mère. Les spectateurs se retrouvent plongés dans ses souvenirs entre 1960 et 1970, années charnières où l’auteur a vécu une relation d’affection rude mais où est également née une complicité manifeste avec sa mère.

Touché par cette relation mère-fils, Michel Poirier, metteur en scène de la pièce s’est attardé aux thèmes de cette œuvre afin d’en faire une oeuvre à caractère universel :

« J’ai amené la pièce pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’endroit précis affilié à une époque. Je l’ai monté comme un classique pour que dans 100 ans, 200 ans, 300 ans, il y ait encore des comédiennes qui joueront le rôle de Nana. »

S’agit-il d’une histoire 100 % fidèle à celle vécue entre Michel Tremblay et sa mère ?

Peu importe le degré de fiction présent dans cette pièce, Michel Poirier insiste sur le fait que celle-ci s’avère une excellente occasion d’introspection afin de faire remonter à la surface nos propres souvenirs, notre propre vécu avec notre mère :

« Pour plusieurs d’entre nous, c’est un personnage important dans notre histoire. Qu’on ait avec elle une relation très forte ou pour ceux qui en ont pas eu, il reste que c’est un personnage essentiel. Cette relation qu’il [Michel Tremblay] a décrite a existé. Toutes les Nana ont existé pour tout le monde. »

On dit que la pièce est empreinte d’intensité, est-ce que le public refoulera ses larmes ?

Depuis sa première représentation en 1998 chez Duceppe, cette pièce soulève depuis toutes ces années des tensions et génère des émotions fortes. Jouée dans une dizaine de pays, son caractère universel rejoint certainement tous les types de public :

« Chaque fois que j’assiste à cette pièce, le public est bouleversé. En même temps, on rit beaucoup ; on pleure aussi. Y a tout ce que j’aime là-dedans ! Ça fait certainement ressurgir quelque chose en nous. »

Encore une fois si vous permettez : un exutoire

À travers ce récit qui met en lumière le caractère curieux et provocateur du fils à l’égard, entre autres, des préceptes religieux profondément ancrés dans les fondations de sa mère, femme instruite et intelligente mais qui était toutefois confrontée à son époque, où tout ce qui relevait du religieux s’avérait incontestable, voire indiscutable. De ces élucubrations naquirent une complicité authentique, un amour profond et véritable l’un pour l’autre. C’est d’ailleurs ce que cette pièce permet de faire ressortir et selon Michel Poirier, metteur en scène et ami proche de l’auteur, cette œuvre agit en quelque sorte à titre d’exutoire.

« Cette pièce relate l’enfance, le culte du drame. C’est elle (Nana) qui dans sa nature et sa façon d’être, a transmis à son enfant la facilité de raconter les choses […] Le personnage du fils va lui donner une mort, une chance de partir dans un état d’allégresse. Ce n’est pas tout à fait la vraie histoire mais on peut tout réparer au théâtre. »


Encore une fois si vous permettez sera présentée au Centre des Arts Shenkman les 4 et 5 octobre à 20 h.

Texte de Michel Tremblay
Mise en scène de Michel Poirier
Avec les comédiens Guylaine Tremblay et Henri Chassé