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Photo : Jean-Claude Lother

La vache de Mohamed Hamidi, une comédie simple et émouvante

By Cindy Savard on October 25, 2016

Par Emmanuel Goffi

En ces temps troublés ou les actualités nous abreuvent de tristes nouvelles sur des tensions intercommunautaires, un peu de douceur et de simplicité sont les bienvenus. Loin de la réalité internationale et de ses violences, l’histoire que nous propose Mohamed Hamidi dans son film La vache nous réconcilie avec l’homme et sa capacité à socialiser par-delà les différences.

Après plusieurs tentatives infructueuses, Fatah, un paysan algérien, reçoit le précieux sésame lui permettant de se rendre au Salon de l’agriculture de Paris afin de participer au concours de la plus belle vache. Avec le soutien financier de son village il entreprend donc, avec sa vache Jacqueline, un long périple essentiellement à pied vers la capitale française.la-vache-2

Si le scénario peut paraitre lisse, voire creux, de prime abord, il s’avère en fait être le lieu d’une aventure extraordinaire parsemée de situations particulièrement savoureuses et drôles. Certes on ne rit pas à gorge déployée, mais l’on sourit du début à la fin de cette histoire qui met en valeur la simplicité et la gentillesse d’un homme qui réalise un rêve. Ce voyage à travers la France sera l’occasion pour son personnage principal de belles rencontres dont celle avec Philippe, comte « à découvert », pour reprendre l’excellente formule du film, campé magistralement par Lambert Wilson. Le snobisme initial et la dépression de Philippe permettent d’ailleurs de souligner l’optimisme et la simplicité contagieux de Fatah. On retrouvera également Jamel Debbouze, dans le rôle de Hassan, beau-frère de Fatah ayant fait le choix de s’éloigner des siens pour s’installer dans une vie à la française. En l’occurrence le scénario aurait très bien pu faire l’économie de ce personnage dont l’apport, outre le jeu de Debbouze, laisse pour le moins sceptique.

Une belle aventure humaine donc sur fond de naïveté, de simplicité et d’une certaine forme de philosophie faisant l’éloge de la vie lentissime à l’image de Jean-Jacques Rousseau dans ses Rêveries du promeneur solitaire. Une aventure qui vise également à démontrer que les rêves n’ont pas besoin d’être extravagants pour être beaux, et que l’abnégation, saupoudrée d’un peu de chance, peut faire passer du rêve à la réalité.la-vache-3

Récompensé par le Grand Prix du Jury, le prix du Public, ainsi que par le Prix d’interprétation Michel Galabru attribué à son acteur principal, au dernier Festival International du Film de comédie de l’Alpe d’Huez, le film est indiscutablement porté par un Fatsah Bouyahmed touchant et convaincant dans son personnage émouvant que l’on a juste envie de prendre dans ses bras et d’avoir pour ami. Dans une certaine mesure Bouyahmed rappelle d’ailleurs Roberto Benigni et son incroyable capacité à jongler avec les émotions.

Au final, La vache est un film réussi qui permet au spectateur, tous âges confondus, de profiter d’une heure et demie de bonheur et de douceur.


Ce film est présentement à l’affiche au Cinéma 9 à Gatineau (boulevard de l’Hôpital).