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Photo : Caroline Laberge

La fureur de ce que je pense – Dans les profondeurs de l’œuvre de Nelly Arcan

By Sous-Sol 819 on May 25, 2017

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Par Cindy Savard

Étincelante et foudroyante, telle figurait hier soir au théâtre français du Centre national des Arts l’âme de Nelly Arcan, une femme d’envergure et d’une intelligence saisissante.

Après avoir créé une onde de choc lors de sa première présentation à l’Espace Go, quatre années se sont écoulées depuis cette flambée. La pièce se retrouve maintenant au CNA et s’avère cette fois-ci le fruit d’un deuxième souffle. Cette seconde mouture, nous avons la chance de l’accueillir chez nous jusqu’à samedi.

Une oeuvre remaniée

Trop souvent stéréotypée, l’œuvre de Nelly Arcan a souvent été reléguée aux futilités de son personnage de femme fatale mais fort heureusement, sa splendeur renait par le biais de sa plume réincarnée qui prend tous son sens dans La fureur de ce que je pense, une pièce qui revêt les réminiscences de Nelly Arcan.

Réunies en entrevue, les deux femmes à l’origine de ce projet expliquent le processus derrière l’idée. La comédienne Sophie Cadieux explique comment elle en est venue à donner vie aux questionnements soulevés dans les écrits de Nelly Arcan. Ayant choisi de créer une œuvre théâtrale magistrale, elle a fait appel à Marie Brassard, une artiste réputée et reconnue pour produire des créations en marge des conventions.

Sur scène, sept femmes s’immiscent dans les entrailles de la prose de Nelly et nous livrent l’une après l’autre des morceaux de ses réflexions les plus complexes. Fascinée par le cosmos, jouissive, désarçonnée devant le rôle imposé qu’elle doit jouer en tant que femme, profondément souffrante et en quête d’une mort vouée à la délivrer de son syndrome de l’imposteur, les spectateurs ingèrent chaque réflexion les unes après les autres. Toute l’intensité de Nelly se retrouve condensée dans une série de monologues fleuves qui s’articulent dans un décor qui enferme chaque comédienne dans un huit clos avec elles-mêmes.

Photo : Caroline Laberge

Photo : Caroline Laberge

L’esthétique que Marie Brassard a concocté relève d’un souci de la perfection tant à ce qui a trait au décor, aux costumes et aux mouvements des personnages. La valeur  accordée à l’idée de cautionner la beauté est perceptible. Les effets de lumière ont été judicieusement travaillés, la composition de la musique ayant été confiée à Alexander MacSween contribue à l’intensité de l’expérience.

À quel genre de public s’adresse cette pièce ? À cette question, les deux femmes à l’origine de cette œuvre réfléchissent dans le même sens.

Saisissez le moment !

Après son passage à Ottawa, le spectacle sera présenté à Québec et Montréal pour ensuite voyager au Japon, en Suède, à Madrid et fort possiblement en France. En proie à un succès international, force est de saisir la chance d’assister à une représentation pendant qu’il est encore temps.


La fureur de ce que je pense sera présenté jusqu’au 27 mai au théâtre français du Centre national des Arts.

Les comédiennes de cette mouture : Christine Beaulieu, Sophie Cadieux, Evelyne de la Chenelière, Larissa Corriveau, Johanne Haberlin, Julie Le Breton et Anne Thériault.