Skip To Content
Photo : Yves Renaud

La bonne âme du Se-Tchouan au CNA : Cabaret de la bonté pervertie

By Sous-Soll 819 on February 28, 2017

Publicité:
    

Par Cindy Savard

À l’époque de la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30, le prolifique dramaturge, metteur en scène, auteur et critique de théâtre, Bertol Brecht, alors exilé au Danemark, écrivit une pièce de théâtre hautement critique à propos de la religion et du capitalisme. Après avoir figuré à titre de première production de l’année au Théâtre du Nouveau Monde, l’oeuvre a généré une série d’éloges de la part de la critique. À notre grand bonheur, La bonne âme du Se-Tchouan s’inscrit au programme du Théâtre français du Centre national des Arts. La flamboyante brochette de comédiens, maintenant bien réchauffée, s’apprête à fouler les planches pour une série de représentations du 1er au 4 mars.

Cabaret berlinois ou fable chinoise ?

L’histoire prend place dans la Chine profonde, plus précisément dans une province reculée du sud-ouest du pays, le Se-Tchouan. Réel ou imaginaire, le lieu n’est que que prétexte pour installer la fable dans un contexte coloré et fantaisiste. Certes fictive, la fable nous plonge dans une réflexion encore aujourd’hui très à propos en cette ère du « chacun pour soi » dominant, ce monde où la corruption l’emporte sur la pureté de la bonté. Cette pièce nous révèlera les revers de l’altruisme, ceux de l’arnaque, des « faux amis » et de l’usurpation, le tout inséré dans une mise en scène grandiose (Lorraine Pintal) à laquelle se scinde costumes éclatants, décors et compositions musicales à saveur sino-allemande-pop (Philippe Brault). Bienvenue dans l’univers du cabaret berlinois !

Photo : Yves Renaud

Photo : Yves Renaud

Extravagance exubérante

Parmi les dix-huit artistes réunis sur scène pour donner vie à l’histoire de Shen Té, une prostituée victime de la reconnaissance des dieux, la comédienne Isabelle Blais interprète ce personnage et … son double. Au fil de la pièce, Shen Té se transformera en Shui Ta, un cousin qu’elle créera pour la sortir du pétrin.

Émile-Proulx Cloutier, quant à lui, se présente comme un aviateur désillusionné, il usera bien vite des bonnes volontés de Shen Té dont il s’emmourachera. La distribution est longue et luxuriante, parmi les comédiens phare de la pièce nous retrouvons France Castel, Louise Forestier, Marie Tifo et Jean Maheux qui portent ce spectacle avec la force qu’on leur connaît. Sur scène, les musiciens s’affèrent à générer l’ambiance musicale inventée, arrangée et dirigée par Philippe Brault. Concepteur sonore, réalisateur de disques et compositeur, son nom se retrouve derrière une multitude de projets musicaux dont ceux de Safia Nolin, Pierre Lapointe, Koriass, Daniel Bélanger, Sylvie Paquette, etc !)

Puisque la faim justifie les moyens …

Avides de chercher à percer tous les mystères de l’épopée racontée et mise en scène dans La bonne âme du Se-Tchouan, s’est présentée à nous l’occasion de subtiliser quelques minutes au comédien Émile Proulx-Cloutier, rencontré au Salon du livre de l’Outaouais dimanche dernier. Voici quelques extraits livrés pour vous appâter !


La bonne âme du Se-Tchouan est présentée au Théâtre français du CNA du 1er au 4 mars.

Entrevue devant public
Le jeudi 2 mars entre 12 h et 13 h, le public pourra assister en direct à une entrevue accordée par Julien Morissette à Lorraine Pintal et Philippe Brault sur la création du spectacle. L’émission « Plus que du théâtre » est une série présentée devant public et disponible en baladodiffusion. L’enregistrement aura lieu à l’Alliance Française d’Ottawa (352, rue MacLaren).