Skip To Content

La Bibliothèque du Parlement, un ‎écrin pour la mémoire du Canada

By Emmanuel Goffi on November 9, 2016

Publicité:
    

S’il est un endroit à Ottawa où la culture est soigneusement conservée dans un écrin exceptionnel, c’est bien à la Bibliothèque du Parlement. Indiscutablement, ce n’est pas le seul endroit accueillant des chefs d’œuvre culturels, mais la Bibliothèque est un lieu particulier à plusieurs titres.

Son architecture est certainement son plus bel atout. À l’extérieur, l’imposante bâtisse construite sur le style néo-gothique, qui évoque la tradition et le raffinement et correspond à l’arrivée du romantisme en Europe au XVIIIe siècle, s’élève élégamment en surplomb de la rivière des Outaouais.

L’aménagement intérieur est à l’image de l’extérieur : majestueux et élégant. En entrant dans la Bibliothèque on éprouve ce sentiment de respect qui rappelle les lieux saints, sentiment renforcé par sa conception en forme de salle capitulaire. On y ressent le poids de l’histoire, mais également l’importance du lieu pour la démocratie canadienne. Des matériaux nobles, une salle richement décorée, des alcôves et des boiseries finement sculptées, une imposante coupole et une statue en pied de la Reine Victoria donnent à l’ensemble une tonalité de sagesse et de majesté.

Malheureusement, la visite s’arrête là après à peine quelques minutes à contempler dans le silence ce joyaux de dentelles et de détails et les documents alignés sur le pourtour de la salle hexadécagonale. On comprend évidemment que le lieu se veut calme et studieux. Pour autant, on ressort de cet endroit img_20161102_130628magique frustré de n’avoir pas eu, ne serait-ce que l’espace d’un instant, la possibilité de vagabonder (silencieusement) parmi ces volumes de connaissance, ces siècles de savoir. On regrettera également, que les possibilités et les richesses offertes par la Bibliothèque ne soient pas plus soulignées lors de la visite. Si les pages s’accumulent dans la salle, la modernisation de la Bibliothèque lui a permis de se doter des outils électroniques les plus récents facilitant la consultation de nombreux documents. Par ailleurs, la Bibliothèque du Parlement ne propose pas ses services exclusivement aux parlementaires. Elle s’ouvre également au public au travers de la mise à disposition, entre autres choses, de documents et activités pédagogiques, ou de renseignements divers sur le Parlement (certaines publications sont d’ailleurs disponibles en ligne). En bref, bien plus qu’un outil au service des membres du Parlement, elle est une source d’information au service du savoir et de la démocratie canadienne.

Répartie sur six sites différents, l’édifice de la colline du Parlement étant le plus connu, riche de 17,4 kilomètres de documents, proposant plus de 600 000 références, écrits, audio et vidéo, permettant aux spécialistes d’accéder à des publications et des collections impressionnantes en qualité et en quantité, couvrant des siècles d’histoire, la Bibliothèque du Parlement est sans aucun doute un des lieux à découvrir, non seulement pour tous les Canadiens qui passent par, ou vivent dans, la capitale nationale, mais surtout pour toutes celles et tous ceux qui, comme moi, s’installent au Canada.

Au-delà même de sa Bibliothèque, le Parlement du Canada est à visiter impérativement. Qu’il s’agisse de sa beauté architecturale, de son histoire, de son symbolisme ou de ses activités, chacun trouvera de quoi satisfaire sa curiosité. La visite de la Tour de la Paix, achevée en 1957, et la vue panoramique qu’elle offre sur la ville valent à elles seules le déplacement. Cependant, l’endroit le plus touchant est indiscutablement la Chapelle du Souvenir. Dans cette petite pièce de huit mètres sur huit, baignée d’une lumière douce filtrée par ses vitraux, se trouvent les six Livres du Souvenir

dscn8881

sur lesquelles figurent les noms de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes qui se sont sacrifiés pour la paix. Un site émouvant dont le sol est constitué de pierres provenant de champs de bataille de la Première Guerre mondiale en France et en Belgique, et au centre duquel trône un autel sur lequel veille quatre statuettes d’anges priant à genoux. A l’intérieur de l’autel, le premier Livre du Souvenir achevé en 1942 et comportant les noms des 66 655 personnes ayant donné leurs vies durant la Première Guerre mondiale. Autour de l’autel du Souvenir, sur les murs de la Chapelle, dix-sept plaques de marbres, chacune rappelant les engagements militaires du Canada. A la veille des commémorations du 11 Novembre, un passage par la Chapelle du Souvenir me semble des plus pertinents. Quelques secondes de recueillement pour ne pas oublier, me paraissent un tribut raisonnable payé à la mémoire de celles et ceux qui se battent, sont blessés et trop souvent meurent, pour la paix.

Au final, une belle découverte même si la visite m’a parue un peu superficielle. Dommage notamment qu’un tour extérieur ne soit pas prévu pour admirer l’œuvre architecturale que représente la Bibliothèque ou pour en savoir plus sur les édifices eux-mêmes. Dommages également que le bruit dans les bâtiments ne permette pas de suivre confortablement la totalité de la présentation du guide (un équipement audio serait sans doute bienvenu). Dommage enfin que l’on perde du temps à attendre pour rien après les contrôles de sécurité. Quoi qu’il en soit, il faut convenir que les contingences liées à une telles visites sont nombreuses et que le simple fait d’avoir accès à quelques lieux emblématiques du Parlement est déjà fort louable.


Les visites de la bibliothèque du Parlement (visite en vidéo) sont présentement accessibles quotidiennement.

Billets gratuits disponibles chaque jour en nombre limité sur le principe du premier arrivé premier servi, au 90 de la rue Wellington.


  • Tagged in