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Improtéine : Humour, rythme et complicité, c’est garanti!

By Jennifer Larocque on January 29, 2015

Il fait sombre, des lumières jaunâtres éclairent la scène, une boîte rectangulaire sans chi-chi, trois chaises sont placées en rangées. L’auditoire attend confortablement aux tables style cabaret. Vous vous retrouvez? La salle me paraît, chaque fois que j’y vais, comme une pièce oubliée du Centre National des Arts, un peu comme une salle réservée aux vrais de vrais des artistes qui respirent la passion de leur auditoire culte. Intime oui, cette Quatrième salle, mais nous sommes vite ramenés à la réalité : merde! Je vais payer 9 $ pour ma trop petite coupe de vin! (Pourquoi ne pas encourager les viticulteurs et les microbrasseurs locaux pour bien coordonner avec la diffusion des talents locaux, émergeants? Ce serait mon idéal!) Mais, j’aime bien la nonchalance de la Quatrième salle que se permet de partager l’éloquent CNA.

Ce n’est pas la première fois que je vois le collectif d’improvisation Improtéine en spectacle et ce n’est certainement pas la dernière.  La garantie : l’humour, le rythme et la complicité. Groupe talentueux de chez nous, vous le connaissez peut-être par l’entremise de ses chroniques 24/7 diffusées sur les ondes de TFO et sur leur site web, ou par ses chroniques humoristiques à la radio Unique fm ou finalement par le biais de ses spectacles devant le grand public.

Pourquoi donc se réserver un soir pour assister à leur spectacle? Pour l’authenticité de leur création, l’habileté que ses membres ont de rendre humoristique l’actualité trop accablante et la non censure de l’univers qu’ils créent. On se retrouve au Burundi ? Comment vont-ils faire une impro à la Burundi? se demande-t-on, quelque peu fébrile dans notre chaise. Pas de problème : ils incarnent le stéréotype africain. Ils font de même pour représenter une scène en Pologne et ensuite, au Japon. C’est hilarant et on se reconnaît tous dans ces scènes de par le lien du stéréotype qui est acceptable parce que ces experts du jeu savent avant tout, très bien rire des stéréotypes qui caractérisent les franco-canadiens et les anglo-canadiens aussi. C’est en partie leur charme!

Improtéine joue avec des sujets qui font rire. De manière cocasse et vive d’esprit, la troupe emploie des mots et des expressions, les jumèle, les fait rimer pour pouvoir livrer un spectacle cru, ou les actions qui se succèdent pourraient très bien en laisser quelques-uns bouche bée. Même les improvisateurs se permettent le luxe de décrocher et de rire avec un regard ‘Oh My God!’ vers les yeux de leurs collègues : « Est-ce que ça dépasse la ligne? » « Oui, mais je vais continuer ou j’en étais… » sont des lignes qui font frémir la salle d’une excitation qui s’oublie et s’exclame.

On rit beaucoup c’est vrai. Mais, quand on sort du spectacle, une question nous obsède : comment le font-ils?  Ils sont comme siamois d’esprit?!?!? C’est comme s’ils sont nés avec le pouvoir de se lire dans les pensées l’un et l’autre. Mais non! Chaque fois que je les vois sur scène, je suis éblouie par leur complicité. À l’improviste, menés par le zeste de leur musicien à tout jouer, Jean-Michel Ouimet, ils réussissent à  inventer des tunes harmonisées aux paroles bien pesées. Les combinaisons de mots imagés à la fois ridicules et intelligentes qu’ils créent sont la preuve de leur esprit connaissant et cultivé. Mais, qu’attendez-vous, Improtéine? Faites un disque de ça!

Vendredi dernier, le spectacle était particulièrement différent, compte tenu du fait qu’Improtéine faisait partie de la série de spectacles, Les contes nomades, dirigée par Danielle Vallée et Jean Cloutier. On ne savait donc pas à quoi s’attendre. Les improvisateurs, Vincent Poirier, Stéphane Guertin et Olivier Nadon, allaient-ils nous improviser des contes ? Ils se sont assis sur les trois chaises sur la scène, et nous ont, comme de bons vieux conteurs, transportés dans des univers complètement imaginés. Nous avons même eu l’occasion de faire un retour à l’enfance lors de leur interprétation du conte Les trois petits cochons.

Il n’y a pas un spectacle qui se déroule sans la participation du public : la preuve inégalée que le spectacle qui prend forme devant nos yeux est en effet une création du moment. Chaque personne de l’auditoire en fait donc partie intégrante. Dans son rôle d’habile animateur, Martin Laporte donne le pouvoir à certains membres du public d’arrêter l’improvisation en cours et de demander une chanson, il demande à un autre de contrôler quel joueur prend la parole quand, ou une des gâteries populaire offerte au public, il leur demande d’écrire une phrase, n’importe quoi, sur un bout de papier. Les joueurs utilisent ces phrases à même une improvisation. (Dans le spectacle de vendredi, le collectif les a utilisé lors de leur improvisation du conte Les trois petits cochons. Vous pouvez vous imaginer l’absurde théâtre!)

Chaque membre de l’équipe apporte une épice distincte aux improvisations qui fait que le public, en un spectacle, vit : humour, culture, actualité, retour à l’enfance, gène et empathie. Du texto au volant à tit Jo de la rue Garneau, c’est le Heinz des spectacles ! Il comporte tout ce qu’on recherche au goût. Il satisfait les publics de tous les âges et on en veut toujours une goûte de plus! Bravo Improtéine! Merci pour le show.

Vous pouvez voir Improtéine en spectacle le samedi 31 janvier à 15 h au Centre des Arts Shenkman à Orléans et visionner leurs vidéos humoristiques en ligne.

 

 

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