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Festival du film de l’Outaouais, retour sur une 19e édition éblouissante

By Cindy Savard on April 6, 2017

Par Emmanuel Goffi

Le 19ème Festival du film de l’Outaouais (FFO), qui a eu lieu du 23 au 31 mars 2017 à Gatineau, a encore une fois tenu toutes ses promesses. Avec une sélection ultra riche de plus de soixante-dix films, le festival a permis aux afficionados du grand écran de découvrir une variété de films assez incroyable. Impossible de ne pas être satisfait face à cette programmation riche et de qualité.

Déjà 19 ans !

Fort de son succès, le FFO affiche une forme éblouissante pour ses 19 ans. Créé en 1999 et faisant suite à La nuit des cinéphiles organisée en 1998, le FFO, tout en privilégiant les productions cinématographiques locales, réussit à proposer aux cinéphiles une gamme extrêmement large de long et courts-métrages divers et variés, de films d’animations et de documentaires, nationaux et internationaux.

Pour cette 19ème édition, le FFO a ainsi assuré sur 9 jours, 153 projections de 73 films venant de 26 pays dont l’Iran, le Japon, la Bosnie-Herzégovine ou encore la Lituanie, pour ne citer que quelques-uns des plus exotiques. Le festival peut par ailleurs s’enorgueillir de donner la part belle à la francophonie avec une très belle programmation venant du Canada, de Belgique, de Suisse et de France.

Loin d’être un simple rendez-vous pour amoureux de la toile, le FFO s’est tranquillement mais sûrement taillé une place de choix dans le paysage culturel de la région. Au-delà des projections, le festival reçoit des comédiens et des comédiennes de renom tels que Nathalie Baye, Eric Berger, Karine Vanasse, Christophe Lambert, Marc Messier, ou encore Jean Lapointe pour n’en citer que quelques-uns. Adoubé par les différents ministres de la culture, le FFO offre également une occasion unique de bénéficier de projections à destination d’écoles avec en prime un accès privilégié aux acteurs, réalisateurs ainsi qu’aux équipes techniques. Enfin, le FFO propose une série d’évènements permettant de découvrir l’univers multifacettes de la production cinématographique, avec des classes de maîtres, des ateliers de jeu, d’écriture de série Web, de production vidéo ou encore de réalisation. Bref, une mine d’or pour cinéastes amateurs, professionnels ou en devenir.

Depuis 2000, le FFO décerne trois totems d’Or, (prix du Public, prix de la Critique et prix du Jury) qui viennent récompenser les meilleures productions. Cette année ce sont le films Mr Ove du réalisateur suédois Hannes Holm (prix du Jury), Noces de Stephan Streker (prix de la Critique), et Maudie réalisé par Aisling Walsh (prix du Public) qui ont été plébiscités.

Pour autant, de nombreux autres films, pas nécessairement sélectionnés pour les prix, méritent d’être mis en avant, à l’image de l’émouvant Demain tout commence.

Focus : l’émotion au rendez-vous avec « Demain tout commence »

Film d’Hugo Gélin mettant en scène Omar Sy, inoubliable interprète de Dris dans Intouchables (2011), Clémence Poésy qui a joué aux côtés de Michael Caine dans le très touchant film de la réalisatrice hambourgeoise Sandra Nettelbeck Le Dernier Amour de M. Morgan (2013), et la toute jeune et prometteuse Gloria Colston qui, après quelques apparitions télévisuelles, se frotte pour la première fois au grand écran.

L’histoire est simple : Samuel (interprété par Omar Sy), jeune homme insouciant profitant de la vie au bord de la mer dans le sud de la France, voit débarquer un beau matin Kristin (Clémence Poésy) une de ses anciennes conquêtes qui lui annonce sans ménagement qu’il est papa d’une petite Gloria (jouée par Gloria Colston). Après cette première surprise, Samuel en vit une seconde particulièrement déroutante, lorsque Kristin lui abandonne le bébé. Huit ans plus tard, alors que Samuel et Gloria sont installés à Londres, Kristin réapparait. S’ensuit une situation banale dans laquelle la mère, désormais établie à New York, désire renouer avec sa fille et en partager la garde, tandis que le père refuse de voir cette femme qui a abandonné sa fille lui voler la relation fusionnelle qu’il a établi avec elle.

Mais derrière l’apparente banalité du scénario se cache quelques surprises qu’il serait inélégant de révéler ici. Tout au plus peut-on dire que l’on passe du rire aux larmes avec une étonnante facilité tant ce film réussit à allier humour et tragique.

Si les acteurs parviennent à jouer juste, il faut reconnaitre que leurs prestations n’ont rien d’exceptionnel. L’intensité du film repose essentiellement sur un scénario dynamique, bien ficelé et faisant la part belle aux émotions, ainsi qu’ au capital sympathie d’Omar Sy consacré personnalité préférée des Français en 2016. On appréciera donc la fraicheur de l’acteur tout en regrettant le manque de profondeur de son jeu.

Pas question donc de s’attendre à un film digne de l’Actors Studio. Mais le spectateur se laissera sans nul doute emporté par cette histoire d’amour entre un homme qui n’avait pas prévu d’être père et sa fille qui lui offre l’occasion de le devenir.

Enfin, on notera l’excellente musique de Rob Simonsen, compositeur talentueux qui avait déjà signé, entre autres, celles de l’Odyssée de Pi ((2012), The Spectacular Now (2013), ou encore d’Adaline (2015).


La 20ème édition qui se tiendra du 22 au 30 mars 2018, devra relever le défi de faire mieux que cette année : gageons que le pari sera réussi. Rendez-vous est pris pour les 20 ans du Festival du film de l’Outaouais…