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The Daisy Theatre au GCTC : à voir au moins deux fois!

By Livia Belcea on December 6, 2016

Le Daisy Theatre est un spectacle de marionnettes pour adultes amusant, futé et torride. Il frôle la frontière de ce qui est politiquement acceptable et aborde des sujets pertinents et à propos, sans modérer l’opinion et le satire proposée. Le spectacle est conçu, réalisé, chanté et joué par le marionnettiste primé, Ronnie Burkett. Le Daisy Theatre n’est pas la première pièce de Ronnie qui a pris scène à Ottawa et vous vous rappellerez sans doute sa pièce intitulée Penny Lane qui a également fait fureur. Tout comme Penny Lane, ce spectacle est décidément pour les adultes et il faut bien noter que les jeunes âgés de moins de 16 ans n’y sont pas admis.

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L’artiste, qui est originaire de l’Alberta, vient de célébrer le 30e anniversaire de son premier spectacle de marionnettes cette année. Il est évident qu’après 30 ans, Ronnie n’est rien de moins qu’un maître marionnettiste. Depuis qu’il est tout jeune, Ronnie fabrique lui même ses marionnettes et leurs costumes. Il leur donne une personnalité qui leur est propre et un souffle de vie incroyable. Ronnie affirme que l’inspiration pour ses personnages vient de sa vie de tous les jours. Il observe quelqu’un dans le métro et note ses attributs, ou bien il cuisine et trouve que le nom d’une épice irait très bien à l’un de ses personnages. Ses marionnettes sont conçus avec un souci du détail exceptionnel et sont des œuvres d’art en elles-mêmes en plus d’être farfelues et captivantes. Ronnie conceptualise également ses spectacles, développe les scénarios et écris les chansons, et bien sûr, manipule d’une habileté étonnante ses marionnettes, seul sur scène.

À plusieurs reprises je me suis retrouvée incapable de dégager mon regard des personnages et j’ai dû me rappeler que Ronnie était lui aussi là haut, en train d’animer ses créations et qu’il apparaissait également dans la pièce de théâtre. En effet, étant marionnettiste et acteur, il fait partie intégrale de la vignette et interagit avec la marionnette de façon indirecte.

44 marionnettes figurent dans le Daisy Theatre et lors de chaque performance, le public fait la connaissance d’une dizaine de personnages. Ronnie ne planifie pas ses actes à l’avance, mais il puise plutôt dans la vivacité et l’énergie de ses spectateurs pour trouver son inspiration et pour improviser chaque spectacle. Il fait donc appel aux spectateurs, les encourageant à s’investir dans l’histoire de chaque personnage unspecified4et quelques chanceux (ou malheureux, cela dépend de votre perception), figureront même sur scène, aux cotés d’une des marionnettes. Ronnie pousse l’enveloppe autant qu’il peut avec ses participants, les invitant ainsi à sortir de leur zone de confort et agir avec bravoure lorsque cela s’impose.unspecified3

Le soir de la première, nous avons fait la connaissance d’une créature mignonne s’appelant Schnitzel, qui a d’ailleurs volé la vedette d’une danseuse burlesque, d’une actrice canadienne la plus poche, d’un Jésus Christ au sens de l’humour cocasse et vulgaire, de la showgirl de Las Vegas Rosemary Focaccia (c’est elle qui a été nommée ainsi, elle porte le nom d’une épice). Maints autres personnages sont portés à contribution, tous plus drôles et espiègles les uns que les autres. À deux reprises, nous avons eu à choisir la prochaine performance, démontrant ainsi la spontanéité du spectacle. Le Daisy Theatre vient exposer le coté enjoué et coquin de Ronnie et reste loin des sujets abordés dans ses pièces de théâtres antérieures. En effet, on s’était habitués à s’attendre de voir des spectacles sombres et chargés de thèmes lourds, tel le monde politique, la crise du SIDA dans les années 1980 et la fin de la civilisation humaine. Tout de même, bien que le Daisy Theatre et en premier lieu une comédie, on y retrouve une mélancolie familière aux personnages de Ronnie Burkett puisqu’ils ont tous une histoire et une lutte intérieure qui sont partagées avec nous. Le spectacle prend son nom du fait que les “daisies”, les marguerites, poussent dans la noirceur. Eh bien, tout comme les marguerites, Ronnie Burkett nous rappelle que les humains, eux aussi, grandissent à travers les moments sombres de leurs vies.


Le Daisy Theatre est à l’affiche en anglais seulement au Great Canadian Theatre Company (1233 rue Wellington ouest) jusqu’au 18 décembre, 2016. Les billets peuvent être achetés en ligne au www.gctc.ca ou en personne au coût de 38-45 $.