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10 bonnes raisons d’intégrer la francophonie au Bluesfest

By Sous-Sol 819 on February 20, 2018

Cindy Savard, Eliane Laberge, Éric Barrette

Article publié en collaboration avec Eventful Capital

La semaine dernière, les organisateurs du Bluesfest d’Ottawa ont annoncé la liste des têtes d’affiche qui feront partie du festival qui se tiendra cette année du 5 au 15 juillet sur les Plaines LeBreton. Actif depuis 1994, cet organisme à but non lucratif et de bienfaisance supervisé par un conseil d’administration bénévole a réussi à devenir l’un des plus importants festivals de musique en plein air au Canada et est classé comme l’un des événements musicaux les plus achalandés en Amérique du Nord. Bien que nous soyons reconnaissants de ce succès et du rayonnement qu’il permet à la ville d’Ottawa, voilà quelques années que nous observons le peu de place que ce festival accorde au français et nous souhaitons par la présente, offrir quelques bonnes raisons de considérer la francophonie tant dans l’organisation du festival, le choix des artistes que dans la mission du festival.

1. Offrir une plus grande vitrine aux artistes francophones

Des milliers d’artistes francophones occupent la scène musicale à l’échelle locale, nationale et internationale.

Nos suggestions ? Pour ne nommer que ceux-ci : Scène locale : Le R, Yao, Maggie’s March, Mehdi Cayenne, Céleste Lévis, La Bronze, Elie Sapie, D-Track & Sam Faye, Moonfruits. Scène nationale : Klô Pelgag, Ariane Moffatt, LOUD, KNLO, Safia Nolin, Lisa Leblanc, Koriass, Samian, Les Hay Babies, les Soeurs Boulay, Radio Radio. Scène internationale : Maître Gims, Mathieu Chedid, Grand Corps Malade, Tiken Jah Fakoly, Petit Biscuit, Julien Doré, Indochine, Brigitte, MC Solaar.

2. Augmenter le trafic sur le site web de l’événement

Il est présentement impossible d’accéder à l’information sur le festival en français sur le site web de l’événement. Conscients des coûts occasionnés par la traduction dans les deux langues officielles, il existe, surtout pour les organismes à but non lucratif, un nombre de subventions notoires pour assurer la traduction. Pour un festival qui a lieu dans la capitale nationale d’un pays officiellement bilingue, ne serait-il pas naturel d’offrir des services dans les deux langues?

3. Bénéficier d’un soutien accru des médias francophones pour promouvoir le festival

Les grandes chaînes locales et nationales francophones ne peuvent obtenir d’entrevues en français puisque personne au sein de l’organisation du festival n’est habilité à le faire. À l’ère de l’information, ne serait-ce pas fantastique de profiter d’une telle opportunité pour représenter et rejoindre de nouveaux publics tout en élargissant la portée du message?

4. Accroître l’achalandage à l’événement

Sans compter les 7 millions de Québécois qui pourraient être intéressés par cet événement, force est de constater que près de 200 000 francophones (dont le français est la première langue parlée à la maison) résident dans la région d’Ottawa. Saviez-vous que les artistes francophones possèdent un énorme potentiel d’attraction ?  À titre d’exemple, l’artiste hip hop LOUD génère en ce moment plus de 2 millions de vues sur ses vidéos YouTube et compte plus de 100 000 écoutes par mois sur la plateforme Spotify. Le groupe Gatinois Uni-T cumule à ce jour plus de 150 000 écoutes sur certaines vidéos de leur chaîne Youtube. Voilà un nouveau public qui s’intéresserait à l’événement si on leur offrait des artistes de leur goût à se mettre sous la dent!

5. Augmenter les revenus !

En plus d’augmenter les recettes à la vente, grâce à l’ajout de commanditaires des deux côtés de la rive, la capacité financière pourrait être doublée. Faut-il également souligner qu’en comparant les tarifs pour inviter des artistes, les moins onéreux sont certainement les artistes locaux ou émergents.

6. Raviver le sentiment d’appartenance de la communauté francophone locale

Les artistes francophones de la région manquent d’opportunité et de plateformes pour se faire connaitre, ils se sentent souvent mis de côté. En les considérant au même titre que les artistes locaux anglophones, ils auraient accès à une vitrine de choix.

7. Dynamiser les relations entre les deux rives

Quelle belle occasion ce serait pour tisser des liens et permettre aux communautés anglophones et francophones de se rencontrer et de découvrir ensemble une plus grande diversité d’artistes de talent.

8. Renforcer la culture francophone au Canada

La francophonie canadienne connaît depuis plusieurs années un renouvellement de sa démographie par l’arrivée massive de nouveaux arrivants francophones qui aspirent eux aussi à se reconnaître dans l’industrie des arts et de la culture.

9. Diversifier l’équipe de gestion en intégrant de l’expertise francophone

L’idée de diversifier les aptitudes, les visions du monde et les réseaux de contact des membres du conseil d’administration devrait permettre d’assurer des prises de décision qui tiennent compte des intérêts et des valeurs de toutes les couches de la population.

10. Accentuer la renommée du festival dans la communauté artistique canadienne

Ottawa s’est lancée dans une stratégie de promotion de l’industrie de la  musique qui vise à faire de la capitale nationale l’un des hauts lieux mondiaux de la musique. Cet événement étant campé sur le territoire qui centralise les activités politiques fédérales, quelle belle opportunité pour se positionner officiellement en faveur d’un festival ayant le bilinguisme canadien à coeur.

En considérant ces nombreux atouts, les impacts positifs du festival seraient décuplés tant sur le plan financier que sur le pouvoir d’attirer des artistes et des festivaliers issus des communautés francophones. En tant qu’organisme à but non lucratif doté d’une mission sociale, il serait, il nous semble, tout à fait légitime de s’attendre à ce que le Bluesfest d’Ottawa, un événement culturel d’envergure, s’investisse afin de respecter et favoriser la diversité linguistique et ethnoculturelle du pays.

Et voici, en guise d’inspiration, une liste de lecture de musique francophone fortement recommandable!